Tiny house

Photo by Arwin Basdew on Unsplash

Je rêve d’une tiny house. Un espace aux larges fenêtres donnant sur un coin de vert proche d’une rivière, sa musique. La voir défiler, en avoir le temps, la lumière changeante des heures de ma vie.

Un lit sous les toits, presque sous les étoiles. Une table à moi, vaste et vide face à la fenêtre. Vue en plongée sur le monde, dedans-dehors étourdissant.

Quelques livres, les essentiels seulement. Tout ce que je possède, l’avoir là sous mes yeux. L’espace sent le bois, un bois fort, odorant. Les bruits de mes pas sur le plancher, lourds ou légers, selon l’humeur de la journée. Mes bruits à moi, uniquement.

Une cuisine sommaire. Le droit de me nourrir de ce dont j’ai envie, sans penser, sans calculer, sans tenir compte, des autres, de leurs goûts, leur préférence. Une radio à pile, avec une molette pour changer de fréquence. Bruits de friture entre les stations.

Un four, pour les soirs de froid. Avec un petit fauteuil exprès, pour lire au chaud en regardant la pâte prendre et enfler, et embaumer. Parfums mêlés de bois et de tarte aux pommes. La poser sur la table et regarder la chaleur s’échapper d’elle en un long filet blanc. Chercher ce mot, le retrouver : évanescent. Naissant. Attendre qu’elle refroidisse, essayer d’attendre, ne pas toujours y parvenir et me brûler les doigts, juste un peu, de mon impatience.

Espérer, attendre, la grosse pluie pour le plaisir de m’enrouler sous la couette. Ne plus bouger, attendre l’accalmie. Suivre le dessin des gouttes sur les vitres. Sortir ensuite, les pieds nus dans l’herbe mouillée.

Un coin seule, une bulle à moi. Pour écrire et ne pas écrire. Pouvoir enfin, juste un peu, fermer la porte.

Laisser un commentaire